Certaines obligations de la Charte de la langue française ont évolué au 1er juin 2025. Leur application dépend toutefois de la nature de l’entreprise, de ses communications et du public visé. Un audit de contenu peut soutenir l’analyse, mais ne remplace pas un avis juridique.

Ce qui suit traite du volet SEO. Pour l'interprétation juridique de la Charte, prends un avocat en droit linguistique. Les deux sont nécessaires.

Sommaire

Le 1er juin 2025 est passé. L'OQLF applique la Charte depuis.

La Charte de la langue française, telle que modifiée notamment par la Loi 96, encadre l’usage du français dans les communications commerciales au Québec. Le périmètre exact et les exceptions doivent être validés selon la situation de l’entreprise.

Le 1er juin 2025 correspond à l’entrée en vigueur de plusieurs mesures. Cette date ne permet pas, à elle seule, de conclure qu’un site précis est conforme ou non.

La plupart des chantiers de mise en conformité que je vois se sont arrêtés au texte visible. Les titres de page, les descriptions, les URL et les données structurées sont restés en anglais. Ce sont précisément les éléments qu'un moteur lit en premier.

Le risque n'est donc pas seulement réglementaire. Un site à moitié converti est un site dont l'identité linguistique est illisible pour Google.

💡 Point clé : les textes visibles, les métadonnées, les formulaires et les parcours font partie d’un audit linguistique utile. Le périmètre juridique et les sanctions applicables doivent être confirmés par un professionnel qualifié.

Ce que Google voit avant ta page : title, meta, URL, Schema.org

La prédominance du français s'applique raisonnablement à tout ce qu'un utilisateur voit avant d'atteindre ta page. Cette liste est plus longue que ce que la plupart des entreprises ont traité.

Cinq surfaces sont concernées, et toutes sont des surfaces SEO :

  1. Le title tag, affiché dans la SERP avant tout clic.
  2. La meta description, affichée juste en dessous.
  3. Le slug d'URL, visible dans le résultat et dans la barre d'adresse.
  4. Les propriétés `name` et `description` de ton JSON-LD, reprises par Google dans les résultats enrichis.
  5. Les textes alternatifs d'images et les fils d'Ariane, souvent oubliés parce qu'invisibles à l'œil.

Un site dont le corps de page est parfaitement traduit mais dont les cinquante title tags sont restés en anglais présente une version française incomplète pour un moteur, et une prédominance discutable pour un inspecteur.

L'implémentation des propriétés structurées est détaillée dans Schema.org et l'IA.

💡 Point clé : la prédominance du français couvre tout ce qu'un utilisateur voit avant d'atteindre la page. Title tag, meta description, slug d'URL, propriétés name et description du JSON-LD, textes alternatifs et fils d'Ariane. Un site au corps traduit mais aux métadonnées anglaises reste incomplet pour un moteur comme pour un inspecteur.

Deux langues, un seul nœud dans le Knowledge Graph de Google

Voilà où la conformité mal conduite détruit du SEO.

Pour se mettre en règle vite, beaucoup d'entreprises québécoises créent une structure parallèle. Un domaine distinct pour le français. Une seconde fiche Google Business Profile. Une raison sociale francisée qui ne correspond plus à celle déclarée ailleurs. Trois décisions raisonnables prises isolément, désastreuses ensemble.

Google n'en conclut pas que tu es bilingue. Il enregistre deux organisations distinctes qui se ressemblent, et il répartit ta confiance entre les deux. Tu es conforme et tu as divisé ton autorité par deux.

L'architecture correcte tient en cinq règles. Un domaine unique avec des sous-dossiers /fr/ et /en/. Un @id Schema.org partagé par les deux versions. Des sameAs rigoureusement identiques. Une seule fiche Google Business Profile. Un nom légal identique partout, francisé une fois et propagé sur toutes les plateformes.

Une entité, deux surfaces linguistiques. Ce principe est développé dans Entity SEO Montréal.

💡 Point clé : se conformer en créant une structure française parallèle fragmente l'entité. Domaine distinct, seconde fiche Google Business Profile et raison sociale divergente produisent deux organisations aux yeux de Google. L'architecture correcte utilise un domaine unique, des sous-dossiers de langue, un @id partagé et des sameAs identiques.

Le français du Québec n'est pas celui de France, et Google le sait

Traduire en français hexagonal coche la case réglementaire et rate le marché.

Le français québécois porte un vocabulaire distinct et c'est celui que tes clients tapent dans Google. On magasine, on ne fait pas du shopping. On stationne, on ne se gare pas. On envoie un courriel, on clavarde, on prend une marche. Les volumes de recherche suivent l'usage réel, pas la norme parisienne.

Conséquence directe sur le ciblage : une page traduite depuis le français de France se positionne mal au Québec parce qu'elle ne contient pas les termes réellement recherchés. Le contenu est conforme et invisible.

Cette distinction se règle au niveau du vocabulaire, pas de la traduction. Un relevé de mots-clés fait sur le marché québécois, pas repris d'un compte français.

💡 Point clé : le français québécois porte un vocabulaire distinct de la norme hexagonale, et les volumes de recherche suivent l'usage local. Magasiner, stationner, courriel, clavarder. Une page traduite depuis le français de France satisfait l'exigence réglementaire tout en restant invisible, faute de contenir les termes que les Québécois tapent réellement.

hreflang fr-CA : ce que Google fait quand la réciprocité manque

Le hreflang est la balise qui déclare à Google que deux pages sont deux versions linguistiques d'une même ressource. Mal posée, elle est ignorée. Ignorée, elle laisse Google traiter tes deux versions comme du contenu dupliqué.

Quatre règles, aucune négociable :

  1. Réciprocité. Si la page française déclare la page anglaise, la page anglaise doit déclarer la page française. Une déclaration unilatérale est rejetée en bloc.
  2. `fr-CA` plutôt que `fr`. Le code régional distingue ton contenu du français hexagonal et sert le bon marché.
  3. Un `x-default` pointant vers la version française, cohérent avec la prédominance exigée.
  4. Une balise canonique par langue, pointant vers elle-même. Une canonique croisée entre langues supprime une des deux versions de l'index.

Ce point est le plus fréquemment raté de tous ceux listés ici, et le plus rapide à corriger. Il se teste dans les deux sens en quelques minutes.

💡 Point clé : un hreflang non réciproque est ignoré par Google, qui traite alors les deux versions linguistiques comme du contenu dupliqué. Quatre règles : réciprocité stricte, code régional fr-CA plutôt que fr, un x-default vers la version française, et une balise canonique par langue pointant vers elle-même.

Conformité Bill 96 et citation par ChatGPT : le même chantier

Le point que personne ne fait, et c'est le plus rentable.

Un site conforme à la Loi 96 correctement architecturé possède exactement les propriétés qu'un moteur génératif exige. Une version française complète et indexable. Des métadonnées cohérentes dans les deux langues. Un hreflang réciproque. Une entité unique résolue sur les deux surfaces linguistiques.

ChatGPT, Gemini, Perplexity et Claude construisent leur corpus dans la langue de la question. Une entreprise québécoise dont la version française est partielle est absente des réponses françaises, quelle que soit sa force en anglais. La conformité réglementaire produit mécaniquement la couverture bilingue que le GEO exige.

Autrement dit : tu peux traiter la Loi 96 comme une contrainte à subir, ou comme le budget qui finance ton architecture d'entité bilingue. Le second choix coûte le même prix.

Le mécanisme complet de la citation bilingue est traité dans GEO Montréal. Les fondations structurelles relèvent de la méthode SFT.

💡 Point clé : un site conforme à la Loi 96 et correctement architecturé possède déjà les propriétés exigées par les moteurs génératifs : version française complète et indexable, métadonnées bilingues cohérentes, hreflang réciproque, entité unique. La conformité réglementaire finance l'architecture d'entité bilingue au lieu de la concurrencer.

FAQ

Est-ce que la Loi 96 oblige à traduire tout mon site en français ?

Le français doit être disponible dans les situations visées par la Charte, mais l’étendue de cette obligation et ses exceptions varient. Il est prudent d’inventorier les pages, formulaires et parcours accessibles au public, puis de faire valider le périmètre exact par un juriste.

Mon title tag en anglais me met-il en infraction avec la Loi 96 ?

Le title tag est affiché à l'utilisateur avant même qu'il atteigne ta page, donc il entre raisonnablement dans le périmètre de la prédominance du français. La lecture prudente consiste à traduire tous les title tags, meta descriptions et slugs d'URL de la version française. Cette lecture est aussi la meilleure du point de vue SEO, indépendamment du risque réglementaire.

Faut-il utiliser fr-CA ou fr pour un site québécois ?

Utilise fr-CA. Le code régional signale à Google que ton contenu cible le marché canadien francophone et le distingue du français hexagonal, qui utilise un vocabulaire différent. Ajoute un x-default pointant vers la version française. Un simple fr fonctionne techniquement, mais il te met en concurrence directe avec les résultats français sur des requêtes québécoises.

Un domaine .qc.ca ou un sous-dossier /fr/ : lequel pour la conformité ?

Le sous-dossier /fr/ est généralement une option SEO cohérente sur un domaine unique. Ce choix d’architecture ne permet toutefois pas, à lui seul, de conclure à la conformité linguistique.

Est-ce que la version française doit être plus visible que l'anglaise sur Google ?

La prédominance s'apprécie sur ce que l'utilisateur voit. En pratique, cela signifie une version française indexée, complète, atteignable par défaut et signalée comme x-default. Un visiteur québécois qui atterrit sur la version anglaise par défaut pose un problème d'affichage avant de poser un problème de SEO. Configure la redirection linguistique en conséquence.

Ce qu'il faut retenir

  1. Le 1er juin 2025 correspond à l’entrée en vigueur de plusieurs mesures. Cette date ne permet pas, à elle seule, de conclure sur un site précis.
  2. Une architecture linguistique incohérente fragmente les signaux SEO. Les pages, métadonnées, formulaires et identifiants doivent être inventoriés ensemble.
  3. Audit technique et validation juridique restent distincts. Une correction de routage ou de hreflang est vérifiable; une conclusion globale de conformité exige une analyse adaptée à l’entreprise.

Vérifie trois choses ce soir. Tes title tags français, la réciprocité de ton hreflang, et le nombre de fiches Google Business Profile à ton nom. Si l'une des trois cloche, demande l'audit : tu reçois l'état de conformité SEO et l'architecture d'entité bilingue dans le même livrable.

Sources


Article rédigé par John Mingam, expert Entity SEO: Entité Wikidata Q127330925